Le 42e Festival de cinéma latinoaméricain de La Havane rallume ses projecteurs vendredi pour sa compétition dans un contexte marqué par la crise économique et des tensions politiques toujours latentes.

En raison de la pandémie de Covid-19, le festival a été coupé en deux : une première étape a eu lieu en décembre 2020 avec la projection de films hors compétition ; l’épidémie étant pour l’heure sous contrôle à Cuba, la deuxième étape, avec compétition, se déroule jusqu’au 12 décembre.

Quinze salles, avec une jauge de 50%, projetteront 102 films, dont 16 dans la catégorie reine des longs-métrages de fiction.

“L’important c’est de ne pas renoncer au festival”, explique à l’AFP son président, Ivan Giroud.

L’événement intervient un an après l’inédite mobilisation, le 27 novembre 2020, de quelque 300 jeunes artistes devant le ministère de la Culture, qui réclamaient plus de liberté d’expression.

Deux figures du cinéma cubain avaient alors joué les médiateurs avec les autorités : Fernando Pérez, un des principaux réalisateurs de l’île, et l’acteur Jorge Perugorria.

Mais de nombreux participants au sit-in devant le ministère considèrent que les problèmes de fin 2020 sont toujours d’actualité et regrettent le manque de dialogue avec les autorités. Ils n’excluent pas de se mobiliser à nouveau.

Le 42e Festival de cinéma de La Havane lance sa compétition

“Nous sommes conscients que tout peut provoquer un incident, peut provoquer une situation de friction, nous essayons de l’éviter, mais ce sont des problèmes qui sont latents dans la réalité”, explique le président.

Huit mois après la mobilisation du monde de la culture, des milliers de Cubains étaient descendus dans la rue à travers le pays les 11 et 12 juillet, aux cris de “Liberté !”, “On a faim !” et “À bas la dictature !”.

Autre difficulté, la crise économique. L’économie de l’île a chuté de 11,3% en 2020 en raison de la baisse du tourisme et le recul s’est aggravé au premier semestre 2021.

“Cela a été très difficile parce que non seulement il y a cette difficulté (économique), mais aussi le nombre limité de vols (…) ainsi que le prix des billets”, déplore M. Giroud.

En janvier, le gouvernement cubain a mis en œuvre une réforme monétaire qui a provoqué une inflation informelle galopante de 6.900%.

“Nous ne savons pas aujourd’hui combien coûte le festival et je ne pense pas que nous le saurons quand il sera terminé, à cause de l’inflation”, reconnaît le président.

Le festival de La Havane, un des plus importants d’Amérique latine, attirait avant la pandémie en moyenne 300.000 spectateurs pendant dix jours. L’État cubain est le principal soutien de ce festival fondé en 1979.

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Le 42e Festival de cinéma de La Havane lance sa compétition – La Croix
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